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22 mai 2015 Lycée Léonard de Vinci

ANTÍGONA VÉLEZ

Tragédie de Leopoldo Marechal

(1961)

 Adaptation et Mise en Scène de Eric Cénat

Régie Lumière de Xavier Badaire

DISTRIBUTION

ANTíGONA VÉLEZ ………………………   Justine Gachet et Amélie Rossi

CARMEN ……………………………….....   Mélanie Fouquet

FACUNDO GALVÁN …………………....    Julie Métais et Candice Guérard

HOMME N°1 ……………………………...    Klervie Bakyono

HOMME N° 2 ………………………..……    Elodie Guérin

FEMME N°1 ……………………………….   Charlotte Lochin

 FEMME N°2 ……………………………....   Manon Frain

PRESENTATION

Nous sommes au XIXème siècle , vers 1870, à la Postrera, grande propriété dans la Pampa argentine, zone frontière qui sépare les terres des colons blancs du territoires des indiens Pampas. Les gauchos et les femmes au service de Don Facundo Galván, patron de la propriété veillent Martín Vélez tombé la veille lors d'un combat contre les Pampas. Son frère, Ignacio, mort également lors de l'affrontement, doit rester sans sépulture sous peine de mort et sur ordre de Don Facundo pour être passé à l'ennemi. Antígona réclame un enterrement digne pour Ignacio, comme pour tout être humain, au nom d'une loi plus ancienne que toutes les lois dictées par les hommes. Carmen, sa jeune soeur, assiste impuissante, au drame qui se joue devant elle.

 

DESCRIPTION DU PROJET : "Aux Arts, Lycéens!"

Thématique du projet  :

- Le mythe d'Antigone dans une confrontation de textes européens et sud-américains.

L’(es) objectif(s) du projet :

- Linguistique : mettre en voix les langues espagnole, française et qom (langue d'un peuple originaire du Chaco, province du nord-est argentin).

- Culturel : découvrir le contexte historique, géographique et culturel à l'origine de la réécriture du mythe d'Antigone par un auteur argentin, Léopoldo Maréchal.

- Artistique :

- offrir aux élèves une pratique artistique autour du jeu et de la mise en scène avec un artiste professionnel.

- représenter un spectacle itinérant au sein de leur lycée mais également en Argentine au lycée Florencio Varela à Puerto Tirol, dans la province du Chaco avec lequel il existe un appariement, puis à Salta, ville avec laquelle il existe un partenariat entre la Direction du Patrimoine Culturel et le Club Unesco du lycée dont les élèves sont membres.

Les effets attendus pour les élèves:

- découverte d'une expression artistique, le théâtre, art de la communication qui induit motivation, solidarité et rigueur. Ils acquerront autonomie et confiance en soi.

- meilleure maîtrise de la langue espagnole qu'ils étudient, découverte de la langue qom, langue d'un peuple amérindien et plus généralement approfondissement de leur culture hispanique.

- prise de conscience de l'universalité d'un mythe dans la confrontation de textes littéraires européens et sud-américains en langue originale.

Le développement de chaque phase significative du projet :

Phase 1 : compréhension écrite du texte de Léopoldo Maréchal : Antígona Vélez.

Phase 2 : lecture des textes avec le metteur en scène.

Phase 3 : mise en espace.

Phase 4 : mise en scène et scénographie.

La participation des élèves aux différentes étapes du projet, en soulignant le travail des élèves effectué en partenariat avec l’ (les) artiste(s) :

- mise en voix : dire les textes à voix haute, parfaire la prononciation du texte en espagnol, le réciter et moduler le rythme de sa voix.

 - mise en espace :apprendre à se situer et à se déplacer dans un espace scénique, seul ou en groupe, développer des compétences d'écoute et de concentration, mettre en place les postures d'un personnage.

- mise en scène et scénographie : envisager le traitement scénique des textes.

 

 Testimonio de Candice, primeros  días de ensayo

 

El primer día nos encontramos con Eric Cenat que es el director del "Théâtre de l'imprévu" con quien vamos a trabajar cuatro horas un dia al mes sobre un adaptacion de Leopoldo Marechal. La obra de Antigona Velez que fue publicada en 1951. Nos presentamos uno a uno y empezamos unas actividades para perder la vergüenza. Después todas empezamos a interpretar el papel de Antigona y Don Facundo. Ese dia nos gustó porque era algo nuevo para nosotras y pensabamos que no podriamos hacerlo. Lo que nos sorprendió mucho.

La segunda vez trabajamos con la adaptacion del texto que hizo Eric Cenat. Distribuimos los papeles. Lo leimos varias veces, en francés y en español. Nos pareció fácil leerlo en español. Algunas tenemos problemas para pronunciar la "r", ¡ pero lo conseguiremos !

Candice

Témoignage d'Amélie, septembre 2015

" C'est un projet qui m'a vraiment beaucoup plu. Certes, c'était un défi pour nous toutes de jouer une pièce de une demi-heure en espagnol mais nous avons réussi et nous étions fières de pouvoir présenter une telle pièce. Etant donné que je suis timide, je n'aurais jamais pensé réussir à jouer devant autant de monde  et pourtant j'ai réussi à passer au dessus de ma peur. C'est aussi une aventure qui a permis une magnifique cohésion de groupe. De même Antigona n'aurait pas vu le jour sans Eric Cénat, notre metteur en scène. C'est une vraie belle expérience qui n'est pas finie  car nous allons la rejouer lors de notre voyage en Argentine."

Bilan artistique

 

Les objectifs du projet : Trois grands objectifs avaient été définis.

 

A) Linguistique :

La mise en voix de la langue espagnole a été réalisée avec succès, langue avec laquelle le texte a été joué lors de la représentation. La langue Qom a été écartée faute de pouvoir l'intégrer correctement dans la mise en scène, le français ayant été la langue de travail dans une approche constrastive entre le metteur en scène non hispanisant et les élèves, le professeur d'espagnol et l'assistante d'espagnol présente à chaque séance de travail. Un texte bilingue dont la traduction en français avait été faite par le professeur servait de base de travail tant au metteur en scène qu'aux élèves.

B) Culturel :

 

Afin d'accéder au texte de Leopoldo Marechal, ii a été proposé aux élèves de nombreux documents ( comparaison avec le texte de Sophocles lors des répétions, extraits de documentaires historiques, photographies du contexte géographique, étude des us et coutumes de l'Argentine du XIXème siècle pour mieux saisir et représenter les personnages, découverte des costumes pour pouvoir les reproduire en costumes de scène...)

C) Artistique :

Rappel: - offrir aux élèves une pratique artistique autour du jeu et de la mise en scène avec un artiste professionnel.

- représenter un spectacle itinérant au sein de leur lycée mais également en Argentine au lycée Florencio Varela à Puerto Tirol, dans la province du Chaco avec lequel il existe un appariement, puis à Salta, ville avec laquelle il existe un partenariat entre la Direction du Patrimoine Culturel et le Club Unesco du lycée dont les élèves sont membres. Une dernière représentation dans un lycée de Buenos Aires est à l'étude actuellement.

Ces deux objectifs artistiques ont été également atteints ou le seront courant octobre: une parfaite collaboration entre le metteur en scène toujours à l'écoute, , le professeur d'espagnol et l'assistante d'espagnol a permis aux élèves d'accéder à un texte difficile en langue originale, d'en parfaire prononciation, diction, et expressivité dans une mise en scène originale, riche, parfaitement adaptée aux élèves et aux différents lieux et contextes dans lesquelles la pièce a été et sera jouée.

Une première représentation a eu lieu en mai au lycée Vinci. Deux autres représentations auront lieu courant octobre lors du voyage en Argentine: la première, dans une salle de spectacle de la ville de Puerto Tirol, Chaco. Nos correspondants argentins ont prévu cette représentation dans le cadre d'un mini festival de danses traditionnelles organisé pour notre venue et dont le public sera les élèves du lycée avec lequel nous avons un appariement, les membres de la communauté éducative, les autorités locales et plus largement les habitants de la ville (parents, amis...) Une seconde représentation si les conditions climatiques le permettent aura lieu dans le lycée professionnel de haute-montagne el Alfarcito avec lequel nous avons créé cette année un échange interculturel et dont nous serons les hôtes.

La brièveté de notre passage à Buenos Aires n'a pas permis d'organiser une représentation dans un lycée de la banlieue de la capitale comme nous l'avions dans un premier temps projeté.

 

Les effets attendus pour les élèves:

Aucune des élèves n'avait pratiqué l'art théâtral avant cette expérience. C'est donc à la fois avec enthousiasme et une relative crainte qu'elles ont accepté de relever le défi qui leur était proposé pour mener à bien ce projet ambitieux dans une langue qu'elles dominaient relativement peu par rapport à la maîtrise nécessaire pour pouvoir jouer intégralement un texte mémorisé en langue étrangère. C'est donc avec brio qu'elles ont présenté au public un spectacle de qualité. Les différentes personnes présentes lors de la représentation et notamment les professeurs du lycée présents, Monsieur Potel, proviseur, Monsieur Mariet, proviseur adjoint et Madame Lalande, IA IPR en espagnol, ont vanté le mérite de ces jeunes filles qui avaient su donner à leur jeu une véracité remarquable. Cette première représentation leur a donné confiance en elles. Grâce aux efforts consentis de rigueur, de constance malgré des phases de peur de ne pas réussir à mémoriser voire à prononcer correctement le texte, ou de ne pas réussir à surmonter les difficultés de jeu ou à concilier travail lié à leurs études et répétitions totalement réalisées hors temps scolaire, les dix élèves ont su trouver les forces nécessaires et fait preuve d'une solidarité sans faille entre elles. En réalité elles ont accepté de relever un double défi: jouer une pièce de théâtre en espagnol en France face à un public partiellement hispanisant (spectacle présenté dans une mise en scène bi-frontale, non surtitrée, à hauteur du public donc très proche des spectateurs) et jouer la pièce en Argentine face à un public dont l'espagnol est la langue maternelle. Elles s'apprêtent à réaliser la deuxième phase du projet dans un pays qu'elles vont découvrir.

 

Analyse des séances de travail avec Eric Cénat

Les séances de travail se sont déroulées dans des lieux différents selon les disponibilités des salles prévues ce qui a conduit les élèves et le metteur en scène à devoir s'adapter à un espace qu'il fallait s'approprier. Malgré cet inconvénient, chaque séance qui se déroulait sur quatre heures a été fructueuse et a permis à Eric Cénat de mener les élèves peu à peu à prendre possession de leur personnage. Les séances se déroulaient une fois par mois ce qui a évidemment demandé à tous de se remettre dans le jeu rapidement en début de séance malgré le temps long écoulé entre chaque répétition. La motivation, la ténacité sereine et la bienveillance de Eric Cénat, la présence de la jeune assistante d'espagnol, l'esprit de solidarité ont permis de surmonter les difficultés des unes et des autres pour finalement maîtriser le texte, dépasser timidité et crainte de devoir monter sur scène et se produire face à un public.

 

Déroulement de la présentation publique du projet par les élèves.

La représentation de la pièce a eu lieu le 22 mai 2015 au sein du lycée, dans la salle polyvalente équipée pour l'occasion d'une régie lumière mise à disposition et gérée par Monsieur Badaire, technicien au lycée devant un parterre d'environ 100 personnes. Les familles des élèves- acteurs, une quarantaine de camarades du lycée, des professeurs, Monsieur Potel, proviseur et Monsieur Mariet, proviseur-adjoint, Madame Lalande, IA IPR formaient le public. Un spectacle de danse contemporaine et de tango réalisé par les élèves de l'association sportive-danse du lycée a précédé la représentation. Trois jeunes guitaristes , élèves du lycée ont proposé un intermède de musique traditionnelle argentine.

Les jeunes filles ont parfaitement interprété ce texte difficile et su surmonter le trac pour donner à voir un spectacle théâtral juste et émouvant.

 

 

 

 

Témoignages

 

Eric Cénat, metteur en scène, théâtre de l'imprévu

 

J’ai travaillé avec des lycéens sur le mythe d’Antigone dans des contextes très différents:

- en banlieue parisienne au Théâtre Paul Eluard de Choisy-Le-Roi

- en République Tchèque (Pardubice) avec la création de « Moi je dis non ! » (en français et en tchèque)

- au Maroc (Meknes) avec la création de « Nous, Antigone… ! » (en français et en arabe)

 

Adapter et mettre en scène « Antigona Velez » s’est donc situé dans cette continuité.

 

Je tiens à saluer l’engagement de ces neuf jeunes filles. Sans véritable expérience théâtrale, elles ont réussi à jouer un spectacle de trente minutes en espagnol. Je connais la difficulté d’interpréter un rôle dans une langue étrangère. Cela demande de l’abnégation, de la concentration et il ne faut pas céder au découragement. Au delà de la difficulté linguistique, elles ont fait preuve d’un vrai talent en donnant vie, avec force et sensibilité, aux personnages d’Antigona Velez.

 

Je tiens aussi à saluer le travail de leur professeur Dominique Melhaoui, qui sait si bien transmettre sa passion pour l’Argentine et qui a été l’âme de ce projet ambitieux. Moi qui ne suis pas hispanisant, j’ai pu m’appuyer sur sa traduction française de la pièce pour en réaliser l’adaptation. Dominique, secondée par l’assistante espagnole Cristina, a eu aussi l’exigence pédagogique nécessaire pour parfaire la prononciation des interprètes.

 

Au regard de la réussite de la représentation initiale au mois de mai dernier, je me réjouis de savoir que nos « Antigona » accompagnées de leur enseignante vont se rendre en Argentine en octobre prochain pour y donner deux autres représentations… Jouer ce spectacle en espagnol sur les lieux mêmes de l’histoire sera pour elles, je n’en doute pas, une expérience inoubliable.

 

 

Madame Lalande, IA IPR d'espagnol

 

 

J’ai eu le plaisir d’assister à la représentation de la pièce Antigona Vélez de l’argentin Leopoldo Marechal.

En tant qu’IA IPR dont la spécialité est l’espagnol j’ai pu mesurer l’important travail que professeur et élèves ont réalisé pour faire vivre ce texte difficile. J’ai été impressionnée par l’émotion juste dont les élèves chargeaient leurs répliques faisant de la langue étudiée dans le contexte de la classe bien plus qu’un vecteur de communication mais un passeur d’émotion. L’observatrice attentive que j’étais n’a pu que constater que si les élèves n’ont jamais failli dans leur prise de parole c’est que le texte mémorisé était devenu pour eux bien plus qu’une récitation mais un message à transmettre avec force et conviction. Les élèves ont transcendé leur peur de s’exprimer en public et ont donné à l’oralité dans sa double dimension toute sa mesure. Et que dire de l’expression non verbale, celle si difficile à développer dans l’espace classe? C’était tout simplement magique et semblait naturel tant les élèves s’étaient appropriés leur rôle. Pour les spectateurs qui n’avaient pas accès à la langue espagnole les gestes , la modulation des voix , les regards étaient de bien efficaces médiateurs.

 

Quel merveilleux moment ! réunir dans une salle polyvalente personnels d’éducation, élèves, parents , grands- parents pour partager le bonheur d’apprendre et d’offrir, pour se décentrer et toucher du doigt d’autres réalités , d’autres vies , d’autres paysages.

Bon vent à cette représentation qui va partir vers l’Argentine…Un autre défi à relever : dire un texte chargé de message devant un public dont la langue est celle apprivoisée par les acteurs. Puissent des projets comme celui-ci être reconduits avec autant de passion , d’enthousiasme et de professionnalisme.

 

Les élèves actrices

 

Amélie :

C'est un projet qui m'a vraiment beaucoup plu. Certes, c'était un défi pour nous toutes de jouer une pièce de une demi-heure en espagnol mais nous avons réussi et nous étions fières de pouvoir présenter une telle pièce. Etant donné que je suis timide, je n'aurais jamais pensé réussir à jouer devant autant de monde et pourtant j'ai réussi à passer au dessus de ma peur. C'est aussi une aventure qui a permis une magnifique cohésion de groupe. De même Antigona n'aurait pas vu le jour sans Eric Cénat, notre metteur en scène. C'est une vraie belle expérience qui n'est pas finie car nous allons la rejouer lors de notre voyage en Argentine."

 

Candice :

Cette aventure théâtrale m'a permis de prendre confiance en moi et d'acquérir une certaine aisance à l'oral avec la langue espagnole. Même si l'apprentissage du texte demeurait parfois difficile dans l'ensemble nous nous en sommes quand même bien sorties. De plus cela a permis de créer plus d'affinités entre chacune d'entre nous.

 

Elodie :

Pour moi, le théâtre a été une expérience très enrichissante, ! Je suis assez timide et réservée. Jouer un rôle m'a permis de vaincre un peu cette timidité ! Ensuite de jouer cette pièce en espagnol a été un véritable défi et m'a beaucoup aidé dans la prononciation. Je pense aussi que le théâtre a permis de rapprocher notre groupe avec un but commun en plus du voyage.

 

Klervie :

J'ai vécu une bonne expérience qui m'a permis de m'exprimer en public ainsi que de participer à un projet artistique et collectif très intéressant.

 

Manon :

Le théâtre m' a permis de m'améliorer en espagnol, surtout dans la prononciation . Le théâtre donne aussi de l'assurance.

 

Justine :

Cela m'a permis de prendre conscience que j'avais des capacités que je ne soupçonnais pas, d'améliorer mon accent sauf les RRR et pour la difficulté, le texte, je devais comprendre en français pour le dire en espagnol avec du sens, mais ces difficultés nous ont aussi rapprochées et on est vraiment un groupe uni.

 

Mélanie :

Cela m'a permis de prendre un peu plus confiance en moi, de m'améliorer dans la langue espagnole malgré la difficulté parfois rencontrée. Et cela nous a rapprochées.

 

Julie :

Le théâtre m'a permis de me familiariser davantage avec la langue, de prendre confiance en moi et de partager de bons moments, des fous rires mais aussi des doutes.

 

 

 

Adaptation de Antigona Vélez, Leopoldo Marechal

Les actrices après la représentation, 22 mai 2015, lycée Vinci, Amboise